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UNE FEUILLE DE ROUTE POUR L'AFGHANISTAN 9/3/07

Une intervention pour réfléchir et sortir du marécage
(Lire l'original en italien)

Gianni Rufini

Venerdi' 9 Marzo 2007

Il est probablement trop tard pour sauver l’intervention internationale en Afghanistan. Différents observateurs, dont l’auteur, avaient parlé en automne de « six mois » comme période restant pour tenter un virage décisif. Même le Commandant britannique de l’Isaf l’a dit. Malgré les appels à un changement rapide et radical, et les efforts de rares protagonistes politiques, absolument rien n’est arrivé. L’Afghanistan est en train de couler en un nouvel Irak, plus démoli encore dans ses espoirs que dans ses infrastructures, sans arriver à imaginer une issue, après trente années de guerre sans fin et sans trêve.

Qu’est-ce qui pourrait servir à ce malheureux pays, à ce berceau de civilisation à l’égard duquel nous avons le devoir de faire « quelque chose » ? Nous le devons aux afghans, en tant qu’êtres humains, porteurs de droits et de besoins, pour arrêter, aussi, une violence diffuse, capillaire et quotidienne. Nous le devons à la Communauté internationale, parce que la Charte des Nations Unies, les Conventions de Genève et la Déclaration universelle des droits de l’homme, nous engagent à protéger et assister ceux dont les droits sont déniés. Il s’agit donc de comprendre « que » doit-on faire et comment procéder. Pas « si » il faut agir.

1). Une action sensée et cohérente avec le droit international devrait voir avant tout une nette séparation entre « Enduring freedom » et l’intervention internationale de maintien de la paix. En particulier, Etats-Unis et Grande-Bretagne sont partie belligérante, ils ont occupé un pays et attaqué en diverses manières sa population. De ce fait, ils ne peuvent pas endosser les habits des pacificateurs. Confondre force belligérante avec force de paix est une erreur qui a déjà été commise en Somalie en 1992-1993, avec les résultats que tout le monde connaît.

2). Il est nécessaire de revoir le mandat du Conseil de sécurité à la force de maintien de la paix et de stabilisation. Il faut élargir ses limites au-delà de l’Otan, en incluant des forces de pays neutres et, si possible, musulmanes. L’Otan est trop identifiée à son noyau anglo-étasunien, qui est désormais perçu avec hostilité par une part croissante de la population civile. Les forces militaires devraient se concentrer sur la surveillance et la protection de la population civile, de l’ordre public et du désarmement.

3). Il faut un investissement massif en aides humanitaires et reconstruction. L’Afghanistan est un des pays les plus pauvres du monde, détenteur de véritables records mondiaux de mortalité, maladies, malnutrition, analphabétisme, manque d’eau potable. L’investissement devrait être important et prolongé pour une durée d’au moins dix ans, et être dirigé surtout vers la société afghane. On devrait interrompre la pratique des grandes adjudications, qui absorbent les ressources pour créer de la richesse à l’étranger, et financer directement les entreprises et ONG locales.

4). Il faut soutenir avec la plus grande vigueur la naissance d’une nouvelle société civile dans le pays, courageuse et compétente, capable d’amener vraiment un grand changement, si nous savons lui fournir les ressources et le soutien pour affronter les forces qui luttent dans le pays pour garder un statu quo violent et féodal.

5). Il faut réunir autour de la table de travail les puissances régionales et les pays limitrophes, en incluant la Chine et l’Inde, parce que l’Afghanistan est un facteur de déstabilisation de toute la région, et les intérêts en jeu sont considérables, et souvent contradictoires.

6). Il faut ouvrir des négociations avec les Talibans. On ne peut pas accepter que la seule option en ce qui les concerne soit l’option militaire. Voudrions-nous peut-être les exterminer tous ? Voulons-nous continuer pendant des décennies une guerre épuisante ? Voulons-nous ignorer qu’ils représentent une force légitimée par le consensus populaire dans différentes provinces du pays ? Pour mettre fin à la guerre, la seule option est une table de négociations, et les négociations se font avec l’ennemi, si désagréable cela puisse-t-il être.

7). Il faut développer une politique créative et intelligente sur le problème de l’opium. Jusqu’à présent, les politiques répressives et de substitution dans les cultures n’ont rien apporté. L’opium est depuis longtemps la plus importante production du pays, et on ne peut pas imaginer qu’on le fait disparaître et c’est tout.

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



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