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VICENTE FOX REVISE L'HISTOIRE DU MEXIQUE 24/1/02

Un voile très épais nommé secret d`Etat a couvert durant quarante ans la vérité sur les agissements d`une classe politique qui se plaçait au-dessus des lois. Ce voile a été en partie levé par le président Vicente Fox qui a pris la décision sans précédent d`ouvrir les archives nationales et de faire la lumière sur les chapitres noirs de l`histoire mexicaine de 1945 à 1985. Une période marquée par l`omniprésence inoxydable du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) qui régnait en monarque absolu sur la destinée du pays

Emanuele Giordana

Giovedi' 24 Gennaio 2002
Le 3 octobre 1968 deux mois avant l`ouverture des Jeux olympique à Mexico le quotidien Excelsior relatait avec une sobriété suspecte les faits survenus la veille sur la place des Trois-Cultures où une manifestation s`était déroulée convoquée par le Conseil national de la grève. Alors qu`une authentique guérilla urbaine avait eu lieu à coups de fusil et de pistolet le quotidien mexicain se bornait à écrire dans ses colonnes qu`un encuentro de tiros avait duré plus d`une heure et qu`on déplorait «une dizaine de blessés» et un «nombre indéterminé» de morts.
En réalité sur la place des Trois-Cultures où se dressent le monument aztèque de Tlatelolco le temple de Santiago du XVIIe siècle et un immeuble ministériel moderne a été consommé l`un des plus sombres chapitres de l`histoire du Mexique. Les victimes se comptent par dizaines voire par centaines et ce carnage aurait été perpétré selon les observateurs pour mater la révolte grandissante des étudiants et permettre ainsi au président Gustavo Diaz Ordar d`écarter tout «danger d`accident» en vue des Jeux olympiques.

LEVER LE VOILE
Le voile de l`oubli qui a été posé sur ces événements les jours qui suivirent le massacre et qui a continué de couvrir par la suite quarante ans d`histoire républicaine (jusqu`en 1985) ce voile a été en partie levé. Vicente Fox a décidé d`ouvrir les archives et d`abolir ainsi la confidentialité qui protège les documents relatifs à quatre décennies de l`histoire mexicaine (1945-1985). Le président mexicain aux allures nord-américaines le vendeur de Coca-Cola devenu propriétaire terrien puis millionnaire ensuite chef de l`Etat a décrété qu`il était venu le temps de tourner la page.
Un choix courageux que certains esprits malicieux jugent toutefois comme neutre les fautes commises durant ces années là ne pouvant retomber que sur les protagonistes de cette tranche d`histoire. Quarante ans durant lesquels le Mexique a subi le règne total telle une monarchie absolue du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Quarante ans qui associés à la période de l`Internationale socialiste font monter le compteur à au moins septante ans de régime. Une époque qu`on peut dire aujourd`hui définitivement révolue par l`arrivée de l`homo novus Vicente Fox Quesada.
Durant la cérémonie officielle d`ouverture des Archives générales de la nation le président mexicain n`a pas fait les choses à moitié. Devant un parterre panaché de hauts fonctionnaires de l`Etat et de magistrats il a déclaré que «le pays doit tourne la page» que «le gouvernement n`entend pas ouvrir la chasse aux sorcières» mais «rechercher la vérité». Et de terminer son discours par une invitation expresse à ne plus répéter les mêmes erreurs: «Dans ce pays les lois doivent être respectées. Au Mexique il n`y a pas de place pour les intouchables.» C`est par ces mots que Vicente Fox a ouvert les portes à une révision sans précédent de l`histoire du pays. Par ces mêmes paroles il a peut-être aussi sonné le glas pour bon nombre de personnes ayant joué un rôle dans les chapitres les plus tragiques du Mexique. Car le président a fait clairement un appel du pied au travail des magistrats qui pourront finalement examiner des preuves qui avaient été occultées jusque-là.
Les quelque 60 000 documents déclassés ouvrent une brèche sur une période très controversée marquée par la présence de l`inoxydable PRI et par la politique des «guerres sales» c`est-à-dire les conflits de rue la répression urbaine et paysanne que le gouvernement conduisait pratiquement en solo - il se passait même de la magistrature pourtant entièrement à sa solde - avec une totale liberté d`action. On sait par ailleurs que entre les années soixante et septante les exécutions sommaires et la torture étaient pratiquement à l`ordre du jour et qu`au moins 500 personnes ont disparu durant cette période. On sait également que lors du massacre de la place de Trois-Cultures les victimes ont été plus de 200. La révision de cette période permettra peut-être de rétablir une nouvelle vérité des faits et des chiffres mais elle permettra avant tout de refermer du moins en partie les blessures ouvertes par cette féroce répression.

DROIT Â L`INFORMATION
La question est maintenant de savoir jusqu`où ira - ou pourra aller - Vicente Fox. On sait que son choix est avant tout politique et qu`il tend à accréditer le Mexique comme un Etat de droit à tous les effets où règne le respect des lois. C`est en tout cas ce que semble démontrer une autre initiative sans précédent que le président mexicain vient de prendre: le 10 juin le pays a adopté sa première loi sur le droit à l`information. Une législation que d`aucuns ont déjà qualifiée «d`excellente» car elle est issue d`un compromis ou d`un équilibre entre deux projets. Le premier a été présenté par tous les partis (hormis celui de Vicente Fox) le deuxième par une coalition d`associations représentant la société civile le Grupo Oaxaca.
Quant aux procès et aux condamnations que la justice mexicaine pourrait être conduite à instruire ou à prononcer tout est à mettre au conditionnel. Sous ces latitudes (mais pas seulement) le mot «impunité» reste encore d`actualité.


Adaptation: Fabio Lo Verso.


TRADUIT DE L'ITALIEN POUR LE COURRIER



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