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OURAGAN, LA LECON DE PAUVRES 6/9/05

ISLAMISTES, UNE RESSOURCE POSSIBLE 30/7/05

En réalité nous savons très peu de l’islam et écrasons 1,3 milliard de musulmans dans une boîte trop étroite. Ainsi, même les termes d’ « islamiste » et d’ »islam politique » ont fini par devenir synonyme de terrorisme. Le cas indonésien démontre  exactement le contraire : c’est-à-dire que même dans le monde des islamistes, c’est-à-dire de ceux qui provoquent de vifs  débats sur l’islam, des forces existent pour combattre, de l’intérieur, des dérives radicales. Peut-être faudrait-il être attentifs à ne pas liquider comme « ennemi » un allié potentiel
 

Emanuele Giordana

Sabato 30 Luglio 2005

Ceux qui pensent que l’Islam modéré n’existe pas, que les musulmans hôtes de l’Occident sont des bandits camouflés ou que les sociétés musulmanes sont aussi immobiles que leur texte sacré, ont deux nouvelles informations sur lesquelles réfléchir. La première concerne la déclaration religieuse promulguée par le Fiqh Council of Nord America : toucher à la vie et aux propriétés de civils par des attaques suicides ou par d’autres méthodes (terroristes) est haraam, interdit. Ce Conseil des oulémas regroupe  les représentants de quatre grandes associations musulmanes  aux Etats-Unis. Le nombre de musulmans qu’il représente n’est pas connu, mais il est licite de présumer qu’il est élevé. La seconde, par contre, est de teneur opposée.  Le Majelis Ulama Indonesia (organisme créé sous Suharto) a condamné l’islam libéral indonésien, par 11 fatwas au moins, pour comportements non musulmans. Mais ici la nouvelle n’est pas tant le nombre des fatwas d’un groupe minoritaire, que leur objet : l’islam dit libéral, courant modéré et majoritaire, qui a une importante histoire dans l’archipel. Bien qu’apparemment différents et éloignés, les deux faits disent la même chose.  
   Qu’il existe un islam qui raisonne et s’oppose au terrorisme ; et que le terrorisme, de même que l’interprétation du livre, sont l’objet de débats. On pourra dire que c’est un phénomène récent. Ce qui n’est vrai qu’en partie seulement. Mais il est difficile d’objecter en ce point qu’il n’y ait pas, dans les pays occidentaux où les musulmans sont une minorité comme dans les pays où ils sont une majorité (et l’Indonésie en compte 200 millions), de discussion, de ferment et même de bataille entre qui ceux qui défendent les kamikazes et les présentent comme des martyrs et ceux qui les appellent par leur nom. Le Conseil des oulémas américain fait à son tour une distinction qui peut fournir des armes utiles aux « petits-enfants d’Oriana Fallacci »[2] : la fatwa émise par les docteurs de la loi ne concerne pas expressément ceux qui se font exploser  pendant un conflit. Mais la distinction a un sens. Pour horrible qu’il soit, se suicider pendant un conflit dans une action militaire  qui a des objectifs militaires, est un acte de guerre. Comme ceux qu’accomplissaient les kamikazes japonais. C’est un geste horrible, ni plus ni moins qu’une guerre. Mais, et c'est le sens de cet avis théologique venant des Usa, toucher les  civils, dans le but de les terroriser, est un acte contraire aux enseignements du Prophète. Ce distinguo est important, aussi, parce que si la dernière définition de l’ONU  appelle actes terroristes même ceux qui sont accomplis pendant un conflit, elle indique que le sont aussi toutes les actions dont le but est de terroriser les civils. Alors on devrait objecter que la définition n’englobe pas les actions comme les bombardements indiscriminés qui, bien qu’exécutés par des militaires sur des objectifs militaires,  touchent et terrorisent les civils qui, dans une guerre, ne devraient jamais être (et sont toujours) impliqués. Mais revenons au sens général des deux nouvelles. La première, donc,  nous apprend qu’en  Amérique il y a un vaste mouvement qui entend orienter la communauté musulmane vers une position claire concernant le terrorisme. Ce qui signifie non seulement que le débat est ouvert mais que les musulmans, dans la guerre à la terreur, sont nos compagnons de route. Cela se passe en Amérique, dans la plus « occidentale » des sociétés occidentales. Et ailleurs, dans ce monde vaste et bariolé qu’est l’islam ? Quelque chose bouge. Comme l’explique le Jakarta Post, qui rapportait l’information des fatwa, la condamnation pour libéralisme, sécularisme et pluralisme  en tant que concepts non musulmans, avait pour cible le Network de l’islam libéral (Jil) et celui des jeunes de la Muhammadiyah (Jimm). Disons pour être tout à fait clairs que Muhammadiyah est une association qui a 30  millions d’adhérents et, surprise, représente un des courants de l’islamisme indonésien.
 En réalité nous savons très peu de l’islam et écrasons 1,3 milliard de musulmans dans une boîte trop étroite. Ainsi, même les termes d’ « islamiste » et d’ »islam politique » ont fini par devenir synonyme de terrorisme. Le cas indonésien démontre  exactement le contraire : c’est-à-dire que même dans le monde des islamistes, c’est-à-dire de ceux qui provoquent de vifs  débats sur l’islam, des forces existent pour combattre, de l’intérieur, des dérives radicales. Peut-être faudrait-il être attentifs à ne pas liquider comme « ennemi » un allié potentiel.
 

 
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



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