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BREVES NOTES SUR GAZA ET SES ENVIRONS 27/6/07

SOIGNER TALIBANS ET ANTI-TALIBANS, LE PARI (PERDU) DE STRADA 27/4/07

A PROPOS DE GIANNI RUFINI ET L'AFGHANISTAN 9/3/07

UNE FEUILLE DE ROUTE POUR L'AFGHANISTAN 9/3/07

AFRIQUE, ONG CONTRE LE NOUVEAUX ACCORD DE COMMERCE 18/2/07

L'AME DE KABOUL 5/10/06

INTIMIDATION MAFIEUSE A LA RAINEWS24 31/5/06

LA COOPERATION DE REGION ET VILLES 4/4/06

LE JARDIN DANS LE "BASURERO" 3/4/06

LES MUSULMANS DANS LE MONDE 13/2/06

CARICATURES, CEUX QUI EN ISLAM JETTENT DE L'EAU SUR LE FEU 7/2/06

UN "TRAMP" ITALIEN 4/02/06

RDC, LA GUERRE LA PLUS MORTELLE DEPUIS 1945 07/01/06

ENTRE GLOIRE ET PANNE DE RECHAUD / LE VIETNAM DE THIEP 24/10/05

OURAGAN, LA LECON DE PAUVRES 6/9/05

GEOPOLITIQUE  (ASIATIQUE) DES AIDES HUMANITAIRES 29/12/04

La solidarité est aussi une arme politique stratégique

Emanuele Giordana

Mercoledi' 29 Dicembre 2004

Il y a quelques semaines encore, la République populaire chinoise était un réceptacle d’aides de l’étranger. Surtout alimentaires. Mais le Programme alimentaire de l’ONU a fait savoir que la RPC est désormais  devenue, avec un certain orgueil, un pays donateur. L’Empire du Milieu des va-nu-pieds est devenu un Empire Céleste magnanime en grade maintenant d’octroyer au lieu de demander. Ce n’est donc pas un hasard si les chinois, parmi les premiers, ont fait savoir aux pays touchés par le tsunami que 1,9 million de dollars de denrées de première nécessité et d’argent liquide sont déjà prêts. Les chinois ont toujours aimé le papier monnaie dont ils sont d’ailleurs les inventeurs. Mais ce n’est pas seulement une question d’orgueil national ou de simple désir de montrer qu’on est désormais des protagonistes accomplis, en commençant par le WTO jusqu’à la charité internationale, dans le grand salon des puissants. Et le chiffre n’est certes pas infime alors que les « vieux » pays riches, ceux qui comptent en somme et qui dictent encore les règles du jeu, déboursent passablement moins : un million d’euros de la part des allemands, « seulement » six cent mille pour les anglais. Pour ne rien dire des américains, accusés d’ailleurs de pingrerie par l’ONU, même s’ils ont promis 15 millions de dollars. C’est que des Usa, on s’y attend ; des chinois, non.
Le fait est que pour la Chine le continent Asie est beaucoup plus qu’un groupe de pays voisins et un peu plus qu’une grande basse-cour, même si les chinois aiment le considérer comme tel. Contrairement à l’époque où l’Empire était Céleste et recevait tribut des royaumes javanais, des monarques thaïs ou des sultans malais, l’Asie est aujourd’hui une zone où, pour les chinois, se joue le match global. En termes de marché et surtout en termes politiques. Contrôler l’Asie, rendre plus forts les liens avec l’Inde, avec qui le dégel initié il y a un an progresse désormais à grands pas, signifie pour la Chine peser dans le plateau de la balance mondiale qui permet à Pékin de refaire l’équilibre face à l’énorme pouvoir américain. L’Asie du reste fait envie à tout le monde : aux américains, qui sont en train d’y accomplir un retour en  grand style en regard de l’époque clintonienne, comme aux indiens ou aux russes, qui s’en ressentent de plus en plus exclus. Et qui ont immédiatement fait partir pour Colombo deux Iliouchine  avec 25 tonnes d’aliments. Les aides d’urgence, branche solidaire de la politique étrangère, sont donc une bonne occasion – soit dit avec réalisme plus que cynisme- pour faire preuve d’un voisinage du cœur mais surtout de la politique.
Il n’y a certes pas que la Chine, en Asie, qui s’est mobilisée pour aider les voisins. Le Japon n’a détaché pour le moment que 700 mille euros et une unité de secours d’urgence mais on peut parier qu’ils feront plus. Le Pakistan, pays qui ne roule pas sur l’or, a envoyé au Sri Lanka des denrées de première nécessité mais il est certain qu’il fera autant pour l’Indonésie, avec qui il partage son appartenance à l’Organisation de la conférence islamique. Même l’Inde, pays touché sur ses côtes orientales, s’est mobilisée pour la petite île de Ceylan qui lui a causé tant de soucis, dont la mort de Rajiv Gandhi de la main d’une kamikaze tamil. Peut-être s’inquiète-t-on un peu que Delhi ait choisi cinq navires de guerre, pour envoyer des aides humanitaires : un choix qui ne sera pas au goût de tout le monde car l’Inde a toujours fourré son nez dans les affaires intérieures de l’île, en  majorité bouddhiste.
Pour revenir aux affaires chinoises il y aura à signaler la nique de la ville-état des chinois d’outremer, la riche et arrogante Singapour. Qui pour ne pas être en reste de ses grands frères, a mis 1,2 million de dollars sur le compte courant de la solidarité.
 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio (Marseille)



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